Regard sur les Etats-Unis

jeudi 25 juin 2009

Réforme de la régulation financière : effet d’annonce ou véritable remise à plat du système ?

Barack Obama vient de présenter le 17 juin 2009, la « plus vaste réforme du système financier depuis les années 30 », selon ces propres termes. S’agit-il d’un véritable projet de refonte du monde de la finance ou d’un simple effet d’annonce ? Une chose est sûre : il est encore trop tôt pour répondre de manière catégorique à cette question. Mais les nombreuses réactions des éditorialistes et autres experts économiques illustrent parfaitement l’importance qu’ils accordent à cette problématique.

Examinons succinctement les points essentiels du projet de réforme :
1 - La Réserve fédérale (FED) se voit attribuer un nouveau rôle : les plus grandes institutions financières américaines seront désormais placées sous la tutelle de la FED. Cette disposition devrait permettre au régulateur de prévenir les risques systémiques. Le pouvoir de la Réserve fédérale est donc particulièrement étendu et regroupe à présent des institutions de nature très diverses (banques, sociétés de crédit, assureurs…). Ces établissements seront assujettis à des règles plus strictes en matière de capitaux propres (ratio Tier-1). La FED disposera du pouvoir d’évaluation des risques pris par ces établissements. La banque centrale se trouvera également délestée de certaines de ses compétences périphériques.
2- Une agence de protection des consommateurs et des investisseurs (la Consumer Financial Protection Agency) va être créée : cette agence devrait notamment s’intéresser aux prêts subprimes proposés par les courtiers en crédits hypothécaires. Elle disposerait d’un pouvoir règlementaire, pourrait créer et interdire plusieurs produits financiers, étudier des sociétés et prononcer des sanctions.
3- La titrisation va faire l’objet d’une réforme : les banques devront conserver dans leurs bilans au moins 5% des crédits qu’elles titrisent. De ce fait, les établissements financiers ne pourront se soustraire entièrement au risque de crédit. La titrisation est une technique financière permettant de transférer à des investisseurs des actifs financiers (tels que des créances) en les transformant en des titres financiers émis sur les marchés de capitaux.
4- L’Office of Thrift Supervision va être supprimé : l’autorité de supervision des caisses d’épargne va disparaître à la suite de la faillite de la plus grosse caisse américaine durant la crise des subprime : Washington Mutual. Il sera fusionné avec l’Office of Comptroller of the Currency pour former le National Bank Supervisor.
5- Le Trésor présidera le Conseil de surveillance des services financiers ou Conseil des superviseurs (le Financial Services Oversight Council) : en collaboration avec la FED, il devra ainsi anticiper la création des bulles spéculatives de manière à prévenir les risques systémiques. Ce conseil sera composé du président de la Réserve fédérale, des directeurs du National Bank Supervisor et de la Consumer Financial Protection Agency, des présidents de la Securities and Exchange Commission (SEC) et de la Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC) et le directeur de la Federal Housing Finance Agency (FHFA). C’est ce conseil qui décidera des établissements qui tomberont sous la tutelle de la Réserve fédérale (FED).
Reste à savoir si dans les faits, ces multiples propositions suffiront à prévenir une nouvelle crise financière. Sur ce point, et malgré le catalogue de réforme préconisé par l’exécutif, rien n’est moins sûr…

dimanche 14 juin 2009

L’aggravation du déficit public peut-elle remettre en question la réforme du système de santé ?


C’est LA question taboue du moment Outre-Atlantique. Si l’on se réfère aux affirmations du président américain et à ses promesses de campagne, la réforme du système de santé pourrait être réalisée d’ici la fin de l’année. Pourtant, bien que Barack Obama en ait fait l’un de ses principaux arguments de campagne, l’instauration d’une couverture maladie universelle risque de se heurter à de nombreux obstacles, aussi bien de nature idéologique qu’économique.

D’un point de vue idéologique tout d’abord, les américains n’ont jamais été particulièrement attiré par la création d’une couverture maladie universelle assortie de l’interventionnisme étatique. La précédente administration démocrate au pouvoir (Clinton) avait d’ailleurs échoué sur ce point, pourtant vigoureusement défendu par la femme du président. Les républicains, quant à eux, dénoncent une socialisation de leur système de santé.
D’un point de vue économique d’autre part, le moment est plutôt mal choisi pour annoncer cette réforme. Du fait de l’adoption du plan de relance, le déficit public américain quadruplera cette année pour atteindre près de 13% du produit intérieur brut. Selon les premières estimations, la réforme du système de santé pourrait coûter près de 1 000 milliards de dollars. A l’heure actuelle, près de 635 milliards de dollars seraient d’ores et déjà provisionnés sur le budget 2010. Reste à trouver les 365 milliards restants ? L’administration Obama vient d’annoncer hier, qu’un peu plus de 300 milliards devraient être économisés durant les 10 prochaines années dans les grands programmes… de santé publique tels que Medicare ou Medicaid.
De cette manière, le gouvernement américain cherche à démontrer que la réforme du système de santé ne devrait pas contribuer à accroître les déficits publics. Cette position est très largement attaquée par le camp républicain, qui se base notamment sur les affirmations de l’American Medical Association qui estime que la création d’une couverture maladie contribuerait à faire exploser les coûts en matière de santé publique.
Si l’on se réfère aux promesses de campagne et aux déclarations de Barack Obama le nouveau système de santé devrait donner une couverture médicale à près de 46 millions d’américains qui en sont aujourd’hui dépourvus, mais également de permettre de réduire de moitié le déficit public d’ici 2013.
Actuellement, la plupart des américains sont couverts par une assurance maladie financée par leur employeur. Néanmoins, il existe des programmes spécifiques, particulièrement contrôlés, destinés à couvrir les dépenses de santé des plus démunis, des handicapés, des anciens combattants et des personnes âgées.
La vidéo de l'intervention hebdomadaire de Barack Obama consacrée à la réforme du système de santé (publiée le 13 juin 2009) :
 

Pour en savoir plus :
- le site de l'administration Obama de présentation de la réforme du système de santé
- le site de l'American Medical Association
- une étude de l'American Medical Association portée sur la réduction des coûts du système de santé américain 

jeudi 11 juin 2009

Où en sont les républicains ?


Après avoir perdu la majorité au sein des deux chambres parlementaires et l’élection présidentielle de 2008, où en sont désormais les républicains ? Comme à la suite de chaque défaite électorale, un parti a besoin de se reconstruire et laisse place à une période de transition au cours de laquelle les principaux ténors de la formation politique cherchent à s’imposer.

Pourtant si l’on en croit les résultats d’un sondage publié cette semaine par l’institut Gallup pour Usa Today, aucun dirigeant du parti ne se détache réellement. L’étude révèle que près de 52% des personnes interrogées sont incapables de se prononcer sur la question de savoir qui est le principal leader du parti ?
Parmi les sondés ayant répondu, près de 13% d’entre eux estiment que Rush Limbaugh serait la personne la plus influente au sein du parti. M. Limbaugh est l’animateur radio le plus écouté du pays (son audience quotidienne s’élève à près de 13,5 millions d’auditeurs). Son émission, diffusée sur le network Premiere Radio, lui permet de commenter l’actualité d’un point de vue conservateur. Il est suivi de Dick Cheney, John McCain et de Newt Gingrich (l’ancien speaker de la Chambre des représentants).
Autre enseignement de ce sondage : seuls 34% des américains auraient une opinion favorable du parti républicain, contre 53% pour le parti démocrate. Il s’agit d’un seuil particulièrement faible pour la droite américaine qui souligne la nécessité de se réformer au plus vite. Plus grave encore, près de 33% des républicains ont une opinion défavorable de leur propre formation politique (à comparer aux 4% de démocrates ayant une opinion défavorable de leur parti).
Pour résumer, le parti républicain est à ce jour totalement divisé. Deux courants de pensée s’opposent frontalement. Suite à la défaite du 4 novembre 2008, certains estiment que le parti s’est positionné trop au centre de l’échiquier politique américain (une position notamment défendue par Rush Limbaugh). Selon ce courant, le parti républicain devrait revenir à la défense des idées conservatrices. Cette position semble être celle de la majorité des membres du parti républicain. En revanche, une minorité de républicains estiment que le parti n’arrivera à se relever qu’en assouplissant certaines de ses positions afin de récupérer les voix des électeurs centristes (ou modérés). Vous l’aurez compris, l’opposition est radicale et les débats risquent d’être animés dans les prochaines semaines.
En effet, si le parti républicain se retrouve actuellement au plus bas dans les sondages et dans les urnes et paraît particulièrement affaibli, nul n’est censé ignorer que la politique est cyclique et que viendra un temps où les démocrates connaitront les mêmes déboires… L’histoire est là pour le rappeler, le parti républicain se reconstruira lorsque les démocrates commettront des excès. La vie politique n’est qu’un éternel recommencement.
Pour en savoir plus :
- le site du parti républicain
- le site du Rush Limbaugh Show
- le site de John McCain
- le site Newt Gingrich

dimanche 7 juin 2009

Etats-Unis / monde musulman : une incompréhension mutuelle

Alors que le président américain vient d’achever sa tournée au Proche-Orient en prononçant son discours historique du Caire, la route reste longue vers un apaisement des relations entre les Etats-Unis et le monde arabo-musulman.

Parfaite illustration de l’incompréhension mutuelle entre ces deux parties du monde, le sondage réalisé par l’institut Opinion Research Corporation pour la chaine de télévision CNN entre le 14 et le 17 mai 2009.
Selon les résultats de ce sondage, seul 1/5 des américains auraient une opinion favorable des pays musulmans. Ce chiffre est à rapprocher des 46% d’américains qui en auraient une opinion défavorable. Ce dernier nombre est d’ailleurs en augmentation par rapport à celui du précédent sondage réalisé en 2002 pour la chaine (41%). Du côté des musulmans, l’heure n’est pas encore à la confiance, malgré l’élection de Barack Obama. Bien que leur opinion ait légèrement évolué depuis l’accession au pouvoir du premier président afro-américain, leur sentiment de méfiance envers les Etats-Unis demeure.
La marge d’erreur de ce sondage est de plus ou moins 3%.
A eux seuls, ces quelques chiffres justifient le discours du Caire de Barack Obama

jeudi 4 juin 2009

Discours du Caire : la tentative de séduction de Barack Obama

Particulièrement attendu par l’ensemble de la communauté internationale, le discours de Barack Obama au monde musulman restera dans les mémoires. Plus que le contenu de son intervention, c’est avant tout la forme et la méthode du président américain qui demeure inédite. En prononçant son discours à l’Université du Caire devant plus de 3 000 invités, Barack Obama a tenu, une nouvelle fois, à marquer sa différence d’approche par rapport à celle de l’administration Bush.

S’il ne fallait retenir qu’une phrase de son discours ce serait celle-ci : Barack Obama souhaite prendre un « nouveau départ entre les musulmans et les Etats-Unis (…) fondé sur l’intérêt et le respect mutuel (afin) de mettre fin à un cycle de méfiance et de discorde ».
Tout en soulignant que les américains avaient profondément été touchés par les attentats du 11 septembre 2001, Barack Obama a tenu à souligner sa véritable connaissance du monde musulman et de l’Islam. Mais le président américain ne s’est pas contenté de rappeler son attachement à cette religion, il a également cherché à démontrer que de nombreux défis communs attendaient les musulmans et les Etats-Unis (exemple : combattre l’extrémisme sous toutes ses formes).
Barack Obama a également tenu à clarifier sa position sur de nombreux sujets d’actualité :
En ce qui concerne la question du conflit israélo-palestinien, le président s’est prononcé en faveur de la création d’un Etat palestinien en réaffirmant que la colonisation israélienne devait cesser. Mais il a également rappelé qu’Israël et les Etats-Unis étaient unis par des liens inaltérables. 
Pour ce qui est de l’Afghanistan, Barack Obama a rappelé que son pays n’avait pas l’intention d’établir des bases militaires permanentes et allait débloquer 2,8 milliards de dollars pour contribuer au développement économique de la région.
Enfin, Barack Obama a tenu à préciser que les Etats-Unis allaient développer des programmes de partenariat, d’échanges et de bourses entre universités américaines et musulmanes. Il a également ajouté que chaque peuple demeurait libre de choisir sa religion et de la pratiquer librement.

Voici les images du discours du Caire de Barack Obama



mardi 2 juin 2009

General Motors : la chute d’un géant


La nouvelle était attendue, mais le choc n’en est pas moins rude. Le premier constructeur automobile américain, General Motors, a déposé le bilan ce lundi. Même si un dépôt de bilan ne signifie pas une liquidation judiciaire, le choc de la faillite de l’industriel aux Etats-Unis demeure considérable.

Il s’agit de la troisième plus grande faillite de toute l’histoire américaine, derrière celle de la banque d’affaire Lehman Brothers en septembre 2009 et de l’opérateur Worldcom en 2002. Il s’agit néanmoins de la plus grosse faillite de l’histoire industrielle américaine. Le constructeur automobile s’est placé sous la protection du chapitre 11. L’administration Obama espère que la période de restructuration du groupe ne dépasse pas les 90 jours.
A la suite de ce dépôt de bilan, quels sont les nouveaux actionnaires de General Motors ? Le Trésor américain prendra 60% de participation, suivi par le fond de couverture santé de l’United Auto Workers (UAW) pour 17,5%, les créanciers obligataires avec 10% ainsi que le gouvernement Canadien associé à la province d’Ontario (12%).  L’administration Obama a également décidé d’accorder 30 milliards d’aides supplémentaires au constructeur pour se réorganiser. Cette somme vient s’ajouter aux 20 milliards de prêts déjà accordés par le gouvernement à General Motors.  Ces 30 milliards proviennent du fond de sauvetage du secteur financier (doté de quelques 700 milliards de dollars) adopté l’automne dernier par l’administration Bush.
Cette période de répit évaluée entre 2 et 3 mois devrait permettre à l’entreprise de se restructurer. Néanmoins, pour assainir ses comptes et envisager une reprise viable, General Motors devra céder de nombreux actifs. C’est le cas notamment de certaines marques mythiques telles que Pontiac, Hummer ou encore Saturn. A l’issue de la procédure, seules 4 marques devraient subsister à l’intérieur du groupe : Chevrolet, GMC, Cadillac et Buick.
En ce qui concerne les licenciements, General Motors devrait se séparer de près d’un tiers de ses effectifs (soit 28 000 salariés) et d’environ quatorze usines. Son réseau de distribution et de concessions devrait considérablement être réduit.
Du côté de Detroit, berceau historique de l’histoire de l’automobile américaine, la presse parle de véritable « choc social ». Etroitement liée à l’activité des trois principaux constructeurs, la ville et l’Etat tout entier du Michigan connaissent déjà le plus fort taux de chômage de tout le pays. La nouvelle de la faillite de General Motors ne devrait pas arranger la situation…
Pour en savoir plus :
- notre article sur la procédure du chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites.

mardi 26 mai 2009

Barack Obama nomme Sonia Sotomayor à la Cour suprême

Ce mardi, Barack Obama vient de nommer la juge Sonia Sotomayor à la Cour suprême. Même si cette nomination doit encore être entérinée par le Sénat, tout porte à croire que la magistrate d’origine hispanique prendra la place de David Souter dont le mandat expire fin juin.

Mme Sotomayor, 54 ans, est connue pour ses positions de centre-gauche plutôt progressistes. Sa nomination ne devrait pourtant pas modifier sensiblement l’équilibre politique au sein de la plus haute instance judiciaire des Etats-Unis. Cette information revêt une information particulière lorsque l’on s’intéresse de plus près au rôle de la Cour suprême. Les juges s’ils doivent se prononcer sur la constitutionalité des lois votées, ont souvent à trancher les grands débats de la société américaine. Une étude approfondie des décisions rendues par la Cour permet de mieux comprendre en quoi son rôle est fondamental aux Etats-Unis.
Diplômée des universités de Princeton et de Yale, Sonia Sotomayor a été désignée juge fédérale en 1991 par George H.W Bush puis juge à la Cour d’appel de New York par Bill Clinton en 1997.
En choisissant Sonia Sotomayor, Barack Obama démontre une fois de plus qu’il souhaite marquer sa présidence de plusieurs actes symboliques. En effet, dans le cas où sa nomination serait confirmée par les sénateurs, Mme Sotomayor deviendrait la première juge d’origine hispanique à la Cour suprême et la troisième femme de toute l’histoire américaine à accéder à un tel poste. 

vendredi 1 mai 2009

Le chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites

Ce 30 avril 2009, le troisième constructeur américain Chrysler a annoncé qu’il allait déposer son bilan et se placer sous la protection du chapitre 11 de la loi sur les faillites (Chapter 11 of the Bankruptcy Code). Quel est le rôle de ce texte ? Quelle protection apporte-t-il à une entreprise ? Nous allons tenter de répondre à ces questions.

La protection du chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites peut être demandée par l’entreprise en difficulté ou l’un de ses créanciers (ce dernier cas étant tout de même très rare). Pour demander cette mesure, l’entreprise doit se trouver dans une position d’illiquidité. Elle ne peut plus rembourser la totalité de ses créanciers. Pour autant, l’entreprise n’est pas nécessairement totalement insolvable. La demande de mise sous protection devra être très détaillée (informations financières classiques et perspectives d’évolution de la société).
A partir du moment où cette entreprise est placée sous un tel régime, elle dispose de plusieurs prérogatives. Elle peut tout d’abord s’opposer aux demandes de ses créanciers et repousser les échéances de ses remboursements. Cette mesure exceptionnelle permet également de préserver tous ses actifs et éventuellement de réduire le montant de sa dette. Le dirigeant peut rester à la tête de la société et continue de s’occuper de la gestion de celle-ci.
Mais cette procédure ne présente pas que des avantages. L’établissement en difficulté sera désormais très étroitement contrôlé par le juge des faillites (le versement de primes aux dirigeants et salariés est alors encadré).
Une fois la protection acquise, l’entreprise va devoir mener des transactions avec ses créanciers. Elle devra ainsi leur proposer un plan de réorganisation détaillé. Ce plan sera ensuite soumis au vote des créanciers. En cas d’accord entre les parties, le juge pourra homologuer (confimation) le plan de réorganisation de l’entreprise. Ainsi l’entreprise en difficulté bénéficiera de plusieurs mois de répit pour se restructurer.
Le chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites diffère du chapitre 7 du même texte. En effet, dans ce dernier cas, le juge prononcera purement un simplement la liquidation judiciaire de la société. Un administrateur serait alors nommé pour liquider les actifs de la société et rembourser ses créanciers.
Si l’on en croît les nombreux exemples passés, plusieurs entreprises protégées par le chapitre 11 se sont restructurées et ont survécu à cette étape judiciaire. C’est le cas notamment des plus grandes compagnies aériennes américaines telles que United Airlines ou US Airways

lundi 20 avril 2009

L’Amérique commémore les 10 ans du massacre de Columbine

Dix ans déjà… Dix ans que les images du massacre du lycée de Columbine (Colorado) hantent la population américaine et repassent en boucle sur les chaines d’information lors de chaque nouveau drame. Pourtant malgré le fait que de nombreuses autres tueries se soient succédées ces dernières années au sein d’établissements scolaires, la fusillade du 20 avril 1999 demeure l’un des drames les plus médiatisé de l’histoire du pays.

Alors qu’une décennie s’est écoulée, de nombreuses questions restent en suspens. Bien que tout semble avoir été dit sur la personnalité des deux tueurs et les circonstances du drame, plusieurs spécialistes et journalistes cherchent aujourd’hui à rétablir la vérité. Selon certains d’entres eux, l’emballement médiatique aurait conduit à une analyse erronée du massacre.
Première précision : contrairement à ce qui a pu être dit par certaines personnes, les motivations des deux lycéens n’étaient pas précises. Leur attaque n’aurait pas spécialement été dirigée contre les sportifs, afro-américains et autres étudiants issus des minorités ethniques. Les victimes (1 professeur et 12 élèves) ont été choisies au hasard. Les deux étudiants souhaitaient en réalité faire exploser une partie du lycée. Mais les explosifs qu’ils avaient placés dans l’établissement n’ont pas fonctionné. Leur but était de causer la mort de plusieurs milliers de lycéens.
Seconde précision : l’un des deux auteurs du massacre semble avoir entrainé le second. Le plus âgé, Eric Harris, a ainsi laissé derrière lui plusieurs preuves de son attrait envers la violence. Le second, Dylan Klebold, paraissait au contraire plus effacé et davantage dépressif.
Quoi qu’il en soit, l’émotion est toujours aussi vive tant au niveau local qu’au niveau national. Depuis le drame, la police américaine a totalement revu sa procédure d’intervention et ses entrainements.
Dès dimanche soir, de nombreuses personnes se sont recueillies à Littleton pour honorer la mémoire des victimes de la fusillade. Le lycée est resté fermé toute la journée à l’occasion de la commémoration. 

mercredi 15 avril 2009

Cuba : vers la fin de l’embargo américain ?

Instauré en 1962, l’embargo américain sur l’île de Cuba pourrait être levé prochainement. Si la décision n’a pas encore été prise, tout porte à croire que les relations entre les deux pays pourraient s’améliorer sous l’impulsion de la nouvelle administration américaine.

Ce lundi, le porte-parole de la Maison-Blanche a annoncé les premières mesures unilatérales que les Etats-Unis s’apprêtaient à prendre : la levée des restrictions de voyage et d’envoi de mandats aux familles restées sur l’île. Certes, il ne s’agit pas à proprement parler d’une levée pure et simple de l’embargo. Néanmoins, cette avancée intervient une fois de plus à contrepied du renforcement des restrictions ordonné par la précédente administration Bush.
Quelles sont les raisons de ce brusque renversement de position de la part de l’exécutif américain ?
Barack Obama se conforme en réalité à l’évolution de la position de l’opinion publique américaine. Plusieurs sondages réalisés récemment pour différents médias soulignent que les américains seraient très largement favorables à une normalisation des relations diplomatiques entre les deux nations.
Seconde raison de ce renversement, certains lobbies (dont la chambre de commerce américaine) feraient pression sur les parlementaires en faisant valoir que l’embargo serait totalement contreproductif. En effet, malgré plus de 40 ans de restrictions, le régime Cubain n’a jamais cédé. Or en ces temps de crise économique mondiale, certains groupes de pression font valoir que les entreprises américaines se voient privées d’un marché conséquent. Selon certaines estimations, les exportations vers Cuba pourraient rapporter près de 2 milliards de dollars par an.
Vous l’aurez compris, si la décision n’a pas encore formellement été prise, tout porte à croire que les relations entre les deux pays ne peuvent que se normaliser. Reste à savoir quand le parlement américain fera le choix de mettre fin à ces sanctions commerciales. Preuve que la crise financière actuelle peut avoir quelques conséquences positives… 

jeudi 26 mars 2009

Vers un renforcement des relations franco-américaines ?

Il aura suffit de deux faits pour que le doute s’installe : les relations franco-américaines seraient-elles entrain de se renforcer ou se détériorent-t-elle ? Selon un article publié par le quotidien français Le Monde daté d’aujourd’hui des : « la qualité des relations entre les deux présidents [ferait] l’objet de spéculation [depuis plusieurs semaines] ». Info ou Intox ? Le journal fait référence à deux « évènements » : d’une part, la lettre de Barack Obama adressée le 19 mars à Jacques Chirac (dans laquelle il rendait un hommage implicite à l’action du prédécesseur de Nicolas Sarkozy pour son action en faveur de la paix), d’autre part, le refus du président américain de se rendre sur les plages du débarquement de Normandie à l’occasion de son déplacement en Europe lors du G20 Londonien (Barack Obama se rendra en France le 6 juin prochain).
Les journalistes du quotidien nuancent toutefois ces spéculations en précisant dans les dernières lignes de l’article que Barack Obama et Nicolas Sarkozy se seraient entretenus hier pendant près d’une demi-heure afin de préparer la réunion du G20.
Que dire alors de ces rumeurs sur la détérioration des relations entre les deux hommes ? A première vue, les arguments justifiant la possibilité de cette aggravation semble bien mince pour appuyer de telles affirmations.
De plus, il convient de souligner que les Etats-Unis n’ont jamais été aussi proches (idéologiquement parlant) de la France depuis l’éclatement de la crise financière et l’élection de Barack Obama. En effet, de nombreux journaux américains conservateurs dénoncent régulièrement le fait que les Etats-Unis seraient entrain de devenir « socialistes » (voir sur ce point l’article de Jérome sur le blog Inside The Usa ainsi que notre billet consacré à la Californie), et s’apprêteraient à faire passer des réformes semblables à celles initiées par les régimes européens, il y a quelques années. L’un des exemples le plus représentatif de cette tendance actuelle est certainement celui des propositions du secrétaire au Trésor Tim Geithner en matière de réforme de la régulation du système financier américain. Parmi les principales mesures prônées par la nouvelle administration, figurent celles d’une plus grande protection des consommateurs, d’un encadrement plus sévère des politiques de rémunération, d’une plus grande coopération internationale…
Ces exemples illustrent, à leur manière, les rapprochements de conceptions entre les Etats européens et les Etats-Unis. Dès lors, s’il on se réfère à ces quelques éléments, on en déduit que loin de se détériorer, les relations franco-américaines seraient plutôt entrain de se renforcer.

vendredi 20 mars 2009

Barack Obama s’adresse en direct au régime Iranien

Il s’agit d’une illustration concrète du changement radical de la diplomatie américaine : Barack Obama s’est adressé en direct à la population et aux dirigeants Iraniens. A l’occasion du nouvel an Iranien, le président Américain a affirmé qu’il souhaitait dialoguer honnêtement avec la République islamique en prônant un respect mutuel entre les deux nations. Cette initiative a été accueillie favorablement par Téhéran qui souhaite également repartir sur de nouvelles bases de dialogue.
Voici les images du message d’Obama au régime Iranien :


Le texte du discours d'Obama ici.

Le rendez-vous manqué d’Obama chez Jay Leno

Le plan de communication du président américain était bien rodé, mais il semble que tout ne se soit pas exactement passé comme prévu. En choisissant de participer au Tonight Show de Jay Leno, Barack Obama a voulu s’adresser sur un ton humoristique à la population américaine. C’est la première fois qu’un président américain en exercice participait à une émission de divertissement en fin de soirée. Pourtant, malgré une intervention préparée, Barack Obama a suscité une vive émotion en dérapant sur une mauvaise blague sur les handicapés (le président a comparé sa piètre performance en bowling à celle d’un participant aux jeux paralympiques).
Voici les images de sa prestation :

Si ses proches collaborateurs ont, bien entendu, affirmé que le président n’avait aucunement souhaité se moquer des handicapés, sa prestation a semble-t-il été quelque peu ternie par cette blague déplacée…

mercredi 11 mars 2009

Barack Obama mise sur l’éducation

Le président américain vient de dévoiler, en début de semaine, les détails de son plan de soutien à l’éducation.
Largement consacré au redressement de l’économie et du système financier, le plan de relance de Barack Obama prévoit tout de même que près de 81 milliards de dollars seront consacrés au domaine de l’enseignement. Conscient que le système éducatif de son pays est en perte de vitesse, le nouveau président souhaite enrayer les baisses de taux de scolarisation au lycée et augmenter le nombre d’étudiants. Parallèlement à ces mesures, il préconise que les professeurs soient récompensés au mérite et s’apprête à relancer l’attrait vers les métiers de l’éducation, en organisant une grande campagne nationale.
En ces temps de difficultés économiques, Barack Obama souhaite maintenir la compétitivité du système éducatif américain. Ces dispositions devraient permettre aux Etats-Unis de sortir plus rapidement de la crise.

jeudi 5 mars 2009

Le grand retour de la diplomatie américaine

Il aura suffit de quelques semaines pour que les Etats-Unis entament une refonte totale de leur stratégie en matière de politique étrangère. Très largement attendu, le grand retour de la diplomatie américaine sur la scène internationale a pris une tournure particulière cette semaine.
Premier signe de ce changement radical, les Etats-Unis seraient entrain de se rapprocher de la Russie. En milieu de semaine, le New York Times révélait dans sa une que Barack Obama aurait proposé le mois dernier à Dmitri Medvedev un projet de renoncement de déploiement du bouclier antimissile. En échange, Washington souhaiterait que Moscou accepte de faire pression sur l’Iran afin d’obtenir l’arrêt de son programme nucléaire. Depuis démentie, cette rumeur souligne tout de même un changement stratégique de la part des Etats-Unis. Après plusieurs années de dégradation des relations russo-américaines, le nouveau président souhaite envoyer un signal fort à son homologue moscovite. Message reçu « cinq sur cinq » par l’intéressé qui déclarait en début de semaine « apprécier que l’administration américaine soit enfin disposée à dialoguer ».
Le second signal était également largement attendu : les Etats-Unis souhaitent renouer le dialogue avec l’Iran. La secrétaire d’Etat, Hillary Clinton, vient d’annoncer que l’Iran sera invité à la Conférence internationale sur l’Afghanistan qui se déroulera à partir du 31 mars. Placée sous l’égide des Nations Unies, cette rencontre ministérielle se tiendra aux Pays-Bas ou à Bruxelles.