Regard sur les Etats-Unis

mardi 28 octobre 2008

Dans son « discours final » Obama prône l’unité nationale et fustige le programme économique de John McCain

Ce lundi, Barack Obama et John McCain ont tous les deux décidés de se rendre dans l’Ohio, l’un des Etats-clés les plus importants pour remporter l’élection présidentielle américaine. Les évènements principaux de cette journée furent les discours prononcés par les deux prétendants à quelques kilomètres d’intervalle.
Selon les conseillers de la campagne de Barack Obama, il s’agissait du dernier grand discours du candidat avant le scrutin du 4 novembre. Après 21 mois de campagne acharnée, et à tout juste une semaine de l’élection, le sénateur de l’Illinois a décidé de boucler la boucle. Barack Obama a structuré son intervention autour de deux idées directrices. La première fut celle de l’unité nationale : « dans une semaine, vous aurez l’occasion de mettre un terme à la politique qui divise une nation uniquement pour remporter une élection, qui essaie de monter une région contre une autre, un républicain contre un démocrate […] dans une semaine nous pourrons choisir l’espoir plutôt que la peur, l’unité plutôt que la division, dans une semaine nous pourrons ne faire qu’une nation, qu’un peuple et choisir un meilleur avenir ».

Mais le sénateur démocrate ne s’est pas contenté de rappeler les grandes lignes de son programme, il en a également profité pour fustiger le programme économique de John McCain : « en matière d’économie, question centrale de cette élection, John McCain a toujours fait corps avec le Président ». Car c’est bien là le problème principal du candidat républicain : depuis que le thème de l’économie est au centre de la campagne présidentielle, John McCain n’a jamais cessé ne perdre des points dans les sondages. Admettant lui-même qu’il n’était pas un spécialiste des questions économiques, le sénateur de l’Arizona a tenté, en vain, de faire diminuer l’influence de ce thème dans la campagne présidentielle. Pourtant, depuis quelques jours, son camp semble avoir quelque peu abandonné cette technique.
Dans son discours de l’Ohio, John McCain s’est d’ailleurs affiché aux côtés de ses principaux conseillers économiques. Preuve s’il en est de l’importance de ces questions à 7 jours du scrutin.

Reste à savoir de quel côté penchera l’Ohio le 4 novembre prochain. Selon les derniers sondages, Barack Obama devancerait très légèrement son adversaire avec seulement 3 points d’avance. Une marge d’écart qui illustre parfaitement que l’élection est loin d’être jouée d’avance.

1 commentaires:

Charlette a dit…

Essayons de garder la tête froide. Ces jours-ci la campagne s'emballe avec des arguments plus ou moins douteux ou misérables. Il n'est pas impossible en effet que John McCain l'emporte, bien que son talon d'Achille soit - qu'on veuille l'admettre ou non - Madame Palin. Les organisateurs de la campagne républicaine ont été bien mal inspirés de la choisir comme co-listière, même si l'on peut estimer que ce fut sur le coup un "coup de maître" dont les effets catastrophiques n'ont pas tardé à se faire sentir. Madame Palin est la cible de tant de malveillances qu'elle deviendrait presque un objet de commisération. D'un autre côté les racistes purs et durs qui rêvent d'en finir avec Barack Obama risquent d'exaspérer les indécis et de les précipiter dans le camp démocrate. L'excès en tout est préjudiciable et cette remarque pourrait s'appliquer à d'autres qu'aux US. Hypothèse folle : un ticket Obama-McCain (gouvernement consensuel plutôt que scission dévastatrice du pays). Citons Barack Obama dans son discours du 4 18 mars dernier :
"[...] Je crois profondément que nous ne pourrons résoudre les défis de notre temps et parfaire notre union qu'en comprenant que, si nos parcours sont différents, nous avons les mêmes espoirs; que, si nous n'avons pas tous la même apparence et si nous ne venons pas tous du même endroit, nous voulons tous aller dans la même direction..."