Regard sur les Etats-Unis

vendredi 31 octobre 2008

Et si les véritables gagnants de l’élection présidentielle étaient les avocats de l’Ohio ?

On le sait : l’Ohio sera l'un des Etats-clés de l’élection présidentielle américaine. En cas de course très serrée, ce Swing State pourrait faire basculer l’issue du scrutin du 4 novembre. Pourtant, à quelques jours de l’élection présidentielle, John McCain et Barack Obama ne se contentent pas uniquement de faire campagne dans cette région, ils cherchent également à recruter le maximum d’avocats afin de se lancer dans une véritable bataille juridique en cas de résultats très serrés.
L’Ohio présente une particularité par rapports aux autres Etats américains : lors des précédentes élections, un grand nombre d’électeurs ont eu recours aux « provisionnal ballots ». Ces bulletins sont des bulletins de vote provisoires. Ils seront enregistrés le jour de l’élection mais ne seront comptabilisés qu’après vérification de leur validité. Un électeur pourra être amené, le jour des élections, à déposer un bulletin de vote provisoire pour plusieurs raisons : l’électeur ne présente pas sa carte d’identité avec sa photo, son nom n’apparait pas sur les listes électorales de sa circonscription… Or en cas de scrutin très serré, les avocats des deux camps se pencheront sur la comptabilisation de ces bulletins de vote et n’hésiteront pas à mener des actions en justice de manière à contester la moindre irrégularité.
Or lors des élections précédentes, l’Ohio fut l’un des seuls Etats américains à avoir considérablement augmenté le nombre de ces bulletins de vote provisoires. Prenons l’exemple de l’année 2004. Lors de la précédente élection présidentielle, l’écart entre les deux prétendants a été minime : sur 5,7 millions de bulletins de vote, l’écart entre les deux prétendants n’était que de 118 000 bulletins. Cependant, sur le total des votes pris en compte, 158 000 bulletins étaient des bulletins provisoires… Mais selon les spécialistes en politique locale, l’utilisation de ce nombre de bulletins pourrait considérablement augmenter lors de l’élection de novembre. En raison des nouvelles règles électorales en vigueur cette année, un grand nombre d’électeurs pourrait y avoir recours.
On comprend donc que l’utilisation de ces bulletins de vote provisoires pourrait à nouveau causer des problèmes dans les prochains jours. Ironie de l’histoire, les bulletins de vote provisoires ont été autorisés par le Congrès en 1993, de manière à permettre aux électeurs qui avaient pris la peine de se déplacer, de pouvoir voter en dépit de certaines irrégularités purement formelles. Destiné à accroitre la participation électorale, ce système pourrait bien, en réalité, une nouvelle fois engendrer une véritable bataille judiciaire entre démocrates et républicains

jeudi 30 octobre 2008

Bill Clinton / Barack Obama : le temps de la réconciliation ?

Alors que le parti démocrate était profondément divisé il y encore quelques mois, Bill Clinton est apparu mercredi soir aux côtés de Barack Obama lors d’un meeting en Floride. A quelques jours du scrutin, il s’agit d’une des images les plus fortes de cette campagne présidentielle. L’ex-président avait mené une campagne particulièrement agressive à l’égard du sénateur de l’Illinois de manière à soutenir sa femme lors des primaires du parti démocrate.
Ayant difficilement admis la défaite de sa femme, Bill Clinton ne s’était pas affiché publiquement aux côtés de Barack Obama depuis la fin des primaires. Fidèle à la stratégie du parti, il n’a pas manqué de faire l’éloge du sénateur de l’Illinois et de mettre en avant les difficultés économiques auxquels sont confrontés les Américains : « Barack Obama représente l’avenir des Etats-Unis ».
Pour répondre aux critiques du camp républicain qui qualifient Barack Obama de candidat « socialiste », Bill Clinton a tenu à préciser que : « les démocrates ont créé plus de millionnaires et de milliardaires que les républicains ».
Voici un extrait du meeting :

Le spot de 30 minutes de Barack Obama

Voici le spot diffusé hier soir par Barack Obama sur 3 des grands networks américains ainsi que sur quelques chaines locales. D’une durée d’une trentaine de minutes, « American Stories, American Solutions » restera dans les annales comme le plus long clip de cette campagne présidentielle :

mercredi 29 octobre 2008

Obama : un coup de pub estimé à 5 millions de dollars

Les membres de la campagne de Barack Obama viennent d’annoncer qu’ils allaient diffuser un spot publicitaire d’une durée de 30 minutes simultanément à 20h précises sur les réseaux de NBC, CBS et Fox (et plusieurs autres chaines de moindre importance). Selon les premières estimations des spécialistes en marketing, ce coup de force des démocrates devrait coûter la bagatelle de 5 millions de dollars au sénateur de l’Illinois.
Ce spot publicitaire diffusé juste avant un match de baseball demeure pourtant mystérieux. Son contenu n’a pas encore été dévoilé à l’heure actuelle. Une chose est néanmoins certaine le coup d’envoi de l’évènement sportif aurait été décalé, de manière à pouvoir diffuser le spot publicitaire politique dès 20h !
Fin de suspens ce soir, sur la télévision américaine…

Clin d’œil : Les céréales à l’effigie de Barack Obama et John McCain

On croyait avoir tout vu… Apparemment ce n’est pas le cas ! Voici les céréales Obama O’s et Cap’n McCain’s ! Voici la vidéo de l’interview des créateurs de ces céréales :


Pour en savoir plus : le site des créateurs de céréales.

mardi 28 octobre 2008

Dans son « discours final » Obama prône l’unité nationale et fustige le programme économique de John McCain

Ce lundi, Barack Obama et John McCain ont tous les deux décidés de se rendre dans l’Ohio, l’un des Etats-clés les plus importants pour remporter l’élection présidentielle américaine. Les évènements principaux de cette journée furent les discours prononcés par les deux prétendants à quelques kilomètres d’intervalle.
Selon les conseillers de la campagne de Barack Obama, il s’agissait du dernier grand discours du candidat avant le scrutin du 4 novembre. Après 21 mois de campagne acharnée, et à tout juste une semaine de l’élection, le sénateur de l’Illinois a décidé de boucler la boucle. Barack Obama a structuré son intervention autour de deux idées directrices. La première fut celle de l’unité nationale : « dans une semaine, vous aurez l’occasion de mettre un terme à la politique qui divise une nation uniquement pour remporter une élection, qui essaie de monter une région contre une autre, un républicain contre un démocrate […] dans une semaine nous pourrons choisir l’espoir plutôt que la peur, l’unité plutôt que la division, dans une semaine nous pourrons ne faire qu’une nation, qu’un peuple et choisir un meilleur avenir ».

Mais le sénateur démocrate ne s’est pas contenté de rappeler les grandes lignes de son programme, il en a également profité pour fustiger le programme économique de John McCain : « en matière d’économie, question centrale de cette élection, John McCain a toujours fait corps avec le Président ». Car c’est bien là le problème principal du candidat républicain : depuis que le thème de l’économie est au centre de la campagne présidentielle, John McCain n’a jamais cessé ne perdre des points dans les sondages. Admettant lui-même qu’il n’était pas un spécialiste des questions économiques, le sénateur de l’Arizona a tenté, en vain, de faire diminuer l’influence de ce thème dans la campagne présidentielle. Pourtant, depuis quelques jours, son camp semble avoir quelque peu abandonné cette technique.
Dans son discours de l’Ohio, John McCain s’est d’ailleurs affiché aux côtés de ses principaux conseillers économiques. Preuve s’il en est de l’importance de ces questions à 7 jours du scrutin.

Reste à savoir de quel côté penchera l’Ohio le 4 novembre prochain. Selon les derniers sondages, Barack Obama devancerait très légèrement son adversaire avec seulement 3 points d’avance. Une marge d’écart qui illustre parfaitement que l’élection est loin d’être jouée d’avance.

Sarah Palin se débarrasse de sa garde-robe de 150 000 dollars

Suite à une polémique sur sa garde-robe de 150 000 dollars, Sarah Palin a annoncé dimanche dernier qu’elle allait rendre ces vêtements et porter les siens jusqu’à l’issue de la campagne présidentielle. L’annonce de ces dépenses en pleine crise économique avait causé beaucoup de torts au camp républicain. La colistière de John McCain qui se présentait comme une « hockey mom » avait eu du mal à justifier de tels frais de campagne alors que la campagne de John McCain accuse un retard dans les sondages.
Essayant de se rattraper, le parti républicain avait annoncé que la garde-robe de Sarah Palin serait cédée à une association caritative à l’issue de la campagne. Il semble que cette démarche n’ait pas suffi à calmer la polémique…

Complot néonazi déjoué contre Barack Obama

Une agence fédérale américaine (ATF) vient d’annoncer qu’elle venait de déjouer un complot de deux marginaux néonazis qui avaient l’intention d’assassiner 88 Afro-américains ainsi que Barack Obama. Les deux hommes, arrêtés il y a un peu moins d’une semaine, prévoyaient à cet effet de dévaliser une armurerie puis d’attaquer un lycée du Tennessee. Mais ils avaient également planifié une tentative de complot visant à tuer le candidat démocrate à la Maison Blanche.
Les deux hommes ont été inculpés pour détention illégale d’armes à feu et menaces proférées à l’encontre d’un candidat à l’élection présidentielle.

lundi 27 octobre 2008

Et si John McCain avait raison ?

Depuis plusieurs semaines, aucun jour ne se passe sans l’annonce d’un sondage donnant Barack Obama largement vainqueur lors du scrutin du 4 novembre. Avec des écarts plus ou moins grands, et des enquêtes plus ou moins précises, réalisées au niveau national ou dans certains Swing States, le candidat démocrate semble assuré de remporter l’élection qui apparait parfois comme une simple formalité.
Pourtant, il convient de rester très prudent face à ces chiffres et ces allégations qui peuvent s’avérer trompeuses. Tout d’abord, il faut préciser que lors des précédentes élections, un grand nombre d’électeurs américains se décident à la dernière minute. Beaucoup de personnes interrogées à l’issue de ces scrutins déclarent avoir pris position très tardivement (généralement au cours de la dernière semaine). Les sondages réalisés il y a quelques jours peuvent donc s’avérer particulièrement peu représentatifs de l’état de l’opinion américaine à 8 jours de l’élection.
De plus, ces sondages sont parfois relativement peu précis. Annonçant des écarts pouvant varier du simple au double alors que les personnes ont été interrogées sur la même période. Les tendances commentées par certains médias sont parfois assez éloignées des résultats de certaines enquêtes, chaque camp préférant mettre en valeur les sondages lui étant favorable.
Devant le grand nombre de soutiens des principaux médias envers Barack Obama, les observateurs de la campagne américaine peuvent, de ce fait, avoir l’impression que l’élection est jouée d’avance et que les démocrates ne peuvent échouer. Mais l’élection présidentielle ne doit pas être confondue avec l’élection des membres du Congrès. Sur le terrain, et derrières les sourires de façade, les membres du parti démocrate sont inquiets. Plusieurs fois déjà les pronostics des analystes se sont avérés faux et Barack Obama se garde de tout triomphalisme hâtif. Certes la tendance générale est favorable aux démocrates, certes l’écart dans les sondages varie mais donne toujours vainqueur Barack Obama… Néanmoins les choses ne sont pas aussi simples.
Vous connaissez la formule : John McCain n’est jamais aussi dangereux et combatif que lorsqu’il est donné perdant. A un peu plus d’une semaine du scrutin, le candidat républicain affiche d’ailleurs une certaine sérénité (que ses détracteurs qualifieront de «sérénité de façade »). Ce n’est en effet pas la première fois que John McCain se retrouve dans une situation particulièrement critique. Vers le milieu de l’année 2007, rares étaient les analystes à parier un dollar sur la candidature du sénateur de l’Arizona. Jugé trop âgé, en perte de vitesse, sa campagne était pratiquement au point mort. Pourtant en quelques semaines, John McCain est parvenu à terrasser ses rivaux… Un exemple parmi d’autres pour souligner que tout peut encore basculer.
La politique américaine n’est pas comparable à la politique européenne. Une élection présidentielle aux Etats-Unis est imprévisible et rien ne sera joué avant le 4 novembre

dimanche 26 octobre 2008

Clin d’œil : John McCain et Barack Obama s’affrontent lors d’une compétition de break dance

Et si l’élection présidentielle se jouait sur un dancefloor ? A vous de juger la performance des deux candidats à la Maison Blanche… A moins qu’un invité surprise ne remporte le concours…

Rien ne va plus chez les républicains ?

Il y a quelques jours, le site Politico dévoilait que le parti républicain avait dépensé jusqu’à la fin du mois d’août pas moins de 150 000 dollars en maquillage et en habits pour Sarah Palin. Cette annonce avait particulièrement été dévastatrice pour l’image du camp républicain et celle de la colistière de John McCain. En effet, en ces temps de crise économique, celle qui souhaite se donner l’image d’une femme proche des classes populaires a eu le plus grand mal à justifier ces dépenses conséquentes réalisées dans les plus grands magasins de luxe New Yorkais (Sarah Palin a tout de même précisé que ces habits seraient cédés à une organisation caritative à la suite de la campagne).
Pourtant la polémique est loin d’avoir été éteinte. Il y a quelques heures, la publication des comptes de campagne de John McCain a une nouvelle fois créé un malaise au sein du camp républicain : le styliste de Sarah Palin aurait touché près de deux fois le salaire du conseiller en politique étrangère de John McCain, soit la somme rondelette de 22 800 dollars.
C’est dans ce contexte que deux personnalités du parti républicain ont annoncé leur ralliement à Barack Obama dans la journée de samedi : William Weld (ex-gouverneur de l’Etat du Massachussetts) et Charles Fried (ex-représentant du gouvernement auprès de la Cour suprême). Pour justifier leur ralliement au sénateur de l’Illinois, les deux hommes ont souligné ses qualités ainsi que son intelligence.
Mais depuis quelques heures, les médias commencent à mettre en exergue les dissensions au sein du parti républicain. Selon la chaine d’information CNN et le site indépendant Politico, les tensions seraient entrain de s’accroitre entre Sarah Palin et certains conseillers politique de John McCain. Elles auraient atteint un tel point, qu’il serait désormais difficile de les cacher au public. Certains conseillers du candidat n’hésitent plus à la qualifier de « diva » qui se préoccuperait plus de ses propres intérêts que de ceux de John McCain. Selon certains analystes, Sarah Palin serait entrain de se positionner pour 2012 plutôt que pour 2008.
Pourtant les proches de Sarah Palin estiment que les républicains sont plutôt entrain de chercher un futur bouc-émissaire dans le cas où John McCain ne parviendrait à remporter l’élection présidentielle. En effet, selon certains sondages, Sarah Palin serait devenue un handicap pour le camp républicain après avoir largement contribué à relancer la campagne du sénateur de l’Arizona.
Il ne reste désormais plus que quelques jours à John McCain pour convaincre les derniers indécis et faire basculer le scrutin en sa faveur. Une tache qui s’annonce particulièrement difficile compte tenu de ces tensions persistantes.

samedi 25 octobre 2008

Quand la présidentielle américaine envahit l’univers de la bande dessinée

L’élection présidentielle américaine de 2008 n’en finit plus de susciter les passions. Ces derniers mois plusieurs nouvelles publications sont venues enrichir la multitude d’ouvrages consacrés aux élections américaines. Regard sur les Etats-Unis souhaite attirer votre attention sur deux ouvrages en relation avec la campagne présidentielle particulièrement intéressants.
La première bande dessinée est un ouvrage biographique collector des deux prétendants à la Maison Blanche : Presidential Material Barack Obama / John McCain. Publié par IDW Publishing, ce comic retrace le parcours des deux candidats. Les deux auteurs, Jeff Mariotte et John Helfers, espèrent ainsi toucher un plus large public que celui des lecteurs des biographies officielles des deux candidats. Cette publication en anglais connait déjà un succès retentissant outre-Atlantique.
Le deuxième ouvrage est un « webcomic », ou bande dessinée en ligne en bon français. Shooting War fut à l’origine disponible sur le site Smith Mag. Mais forte de son succès grandissant, cette bande dessinée a été publiée aux Etats-Unis. Une version française vient tout juste de sortir aux Editions Les Arènes. La particularité de Shooting War est qu’il s’agit d’un roman graphique fiction qui se projette en 2011, après la victoire de John McCain à l’élection présidentielle américaine. Les deux auteurs, Anthony Lappé et Dan Goldman, ont souhaité réaliser une satire politique en ayant pour objectif de faire réfléchir leurs lecteurs aux médias, à la guerre en Irak et à la politique étrangère Américaine. Le résultat : un roman graphique choc devenu un véritable best-seller sur les campus universitaires.
Vous pouvez acheter ces deux ouvrages que nous vous recommandons, directement sur le site de notre librairie.
Voici également la bande-annonce de Shooting War :

vendredi 24 octobre 2008

Le vote anticipé : véritable élection avant l’heure

Alors que le vote anticipé était autrefois réservé aux personnes se trouvant dans l’impossibilité de se rendre aux urnes pour raison professionnelle, militaire ou de santé ; beaucoup d’Etats autorisent désormais n’importe quel électeur à voter par anticipation.
Ces derniers ont désormais deux possibilités pour s’exprimer : soit par procuration électronique, soit directement en se rendant dans leur bureau de vote.
Selon les autorités de certains Etats, la participation par anticipation serait bien plus élevée que lors des précédents scrutins à l’élection présidentielle. S’il on se réfère aux dernières estimations, près de 30% des Américains pourraient voter avant l’échéance du 4 novembre.
D’une manière générale, il semble que ce soit le camp démocrate qui profite de ces nouvelles possibilités. En tête dans les sondages nationaux et dans beaucoup d’Etats clés, Barack Obama encourage d’ailleurs ses partisans à se déplacer aux urnes pour le soutenir dès aujourd’hui. De son côté, John McCain espère une mobilisation massive de ses partisans le 4 novembre prochain. Pourtant dans certaines régions, telles que la Floride, les électeurs républicains sont plus nombreux à s’être déplacés avant l’heure que les démocrates. Mais dans la plupart des Etats, la tendance semble être inversée.
Dans certaines régions telles que la Caroline du Nord, de nombreux électeurs Afro-Américains se seraient d’ores et déjà déplacés. Cette tendance, particulièrement encourageante pour le camp de Barack Obama, souligne que la candidature du sénateur de l’Illinois a au moins eu le mérite de mobiliser des catégories de la population généralement plus abstentionniste que la moyenne. Le camp démocrate compte également sur la mobilisation des jeunes électeurs pour faire basculer le scrutin en sa faveur.

jeudi 23 octobre 2008

Le comeback de Joe le plombier

On se souvient tous de Joe le plombier, ce fameux contribuable de l’Ohio cité à de nombreuses reprises par les deux candidats à la présidentielle lors du dernier débat télévisé. Dans ce nouveau spot publicitaire diffusé par le camp républicain dans les Etats-clés de l’élection présidentielle américaine, plusieurs anonymes se présentent comme des « Joe le plombier ». Cette publicité est destinée à semer le trouble sur les propositions en matière de fiscalité du candidat démocrate. John McCain souhaite donc appuyer là où cela fait mal : le porte-monnaie des Américains.
De plus, dans une nouvelle série d’appels automatisés, John McCain a fait appel à l’ancien maire de New York : Rudy Giuliani. Ce dernier explique que Barack Obama aurait adopté des positions plutôt laxistes par rapport à certains délinquants. Ces nouveaux messages automatisés font suite à une précédente série qui vantait les connections existantes entre Barack Obama et William Ayers.
Bref, on l’aura compris, le temps est venu pour John McCain de passer à l’offensive sur tous les fronts et de réveiller les craintes des américains, que se soit en matière de fiscalité ou en matière de sécurité intérieure…

mercredi 22 octobre 2008

La stratégie de John McCain à 13 jours de l’élection présidentielle

Ce n’est pas encore la panique dans le camp républicain mais John McCain se doit de modifier sa stratégie à moins de 2 semaines du scrutin, s’il souhaite réduire l’écart avec son adversaire démocrate. Ce dernier, selon les enquêtes d’opinion, est très clairement entrain de marquer des points dans certains Etats-clés. C’est le cas en Virginie, dans le Colorado, au Nouveau-Mexique, en Iowa, en Caroline du Nord et au Nevada.
C’est dans ce contexte que le camp républicain a décidé de recentrer sa campagne sur certaines régions bien précises. Si certains Etats qui avaient voté en faveur de George W. Bush en 2004 basculent à gauche, John McCain doit tenter inversement de faire basculer certains Etats qui avaient voté pour John Kerry. C’est notamment le cas de la Pennsylvanie.
Et le sénateur de l’Arizona compte bien y mettre les formes en participant à de nombreux meetings. Rien que dans la journée d’hier, John McCain a participé à trois réunions dans la région. Reste à savoir si cela suffira pour renverser la tendance. En effet, pour remporter l’élection du 4 novembre, il devra nécessairement faire basculer l’un de ses grands Etats traditionnellement démocrate. En attendant, le candidat républicain a déjà jeté l’éponge dans 3 autres Etats : le Michigan, le New Hampshire et le Wisconsin.

mardi 21 octobre 2008

Barack Obama suspend temporairement sa campagne pour raisons familiales

Barack Obama vient d’annoncer qu’il suspendait temporairement sa campagne et annulait la plupart de ses activités jusqu’à vendredi, pour se rendre au chevet de sa grand-mère gravement malade. Celui-ci devrait se rendre, dès jeudi, à Honolulu (Hawaï) où se trouve cette dernière.
Selon le porte-parole de sa campagne la santé de la grand-mère du candidat démocrate à la Maison Blanche se serait « considérablement dégradée » depuis quelques semaines. Agée de 86 ans, Madelyn Dunham avait participé à l’éducation de son petit-fils aux côtés de sa fille après le départ de son gendre.
Sa campagne devrait reprendre dès samedi.

dimanche 19 octobre 2008

Colin Powell annonce qu’il soutient Barack Obama

La nouvelle était pressentie : Colin Powell vient d’annoncer officiellement son soutien à Barack Obama. L’ex-secrétaire d’Etat sous l’administration Bush avait prévenu dès le début de l’année 2008 que son choix n’était pas arrêté, laissant ainsi supposer qu’il pourrait voter en faveur d’un candidat démocrate. S’il s’agit tout de même d’un coup dur pour John McCain, celui-ci ne s’est pas étonné du choix de M. Powell. Interrogé ce dimanche par la chaine Fox News, John McCain a réaffirmé qu’il « était amis de longue date avec Colin Powell et que ce choix ne constituait pas une surprise ».
Qu’est ce qui explique le choix de M. Powell ? Selon lui, il s’agit d’un profond désir de changement. Le général affirme qu’il est temps de changer de « génération » et que l’élection de Barack Obama entrainerait l’enthousiasme non seulement des Etats-Unis, mais également du monde.
Colin Powell a annoncé sa décision lors de l’émission Meet The Press.
Voici les images de l’annonce :

Sarah Palin rencontre son double sur le plateau du Saturday Night Live

Ce week-end, LE rendez-vous à ne pas manquer à la télévision américaine était le passage de Sarah Palin sur le plateau du Satuday Night Live sur NBC. Au cours de cette émission satirique extrêmement populaire aux Etats-Unis, la colistière de John McCain est caricaturée chaque semaine par l’actrice et humoriste Tina Frey.
Faisant preuve d’une bonne dose d’autodérision, Sarah Palin a décidé de se rendre sur le plateau de l’émission. Le résultat : deux séquences mémorables.
Dans cette première vidéo, Tina Frey caricature une conférence de presse de Sarah Palin : la vidéo sur le site de NBC.
Dans cette seconde vidéo, Sarah Palin assiste à une chanson de rap caricaturant sa politique de gouverneur de l’Alaska : la vidéo sur le site de NBC.

John McCain regagne du terrain dans les derniers sondages

John Zogby
S’il on se réfère aux derniers sondages publiés en fin de semaine et au cours du week-end, l’écart entre les deux prétendants à la Maison Blanche est entrain de se resserrer. Selon plusieurs instituts de sondages, John McCain serait entrain de marquer des points chez l’électorat indépendant. Si Barack Obama demeure en tête des intentions de vote au niveau national, son écart est nettement entrain de se rétrécir.
Un sondage publié par l’institut Zogby pour Reuters et C-Span illustre parfaitement cette tendance : Barack Obama devance John McCain de seulement 3 points (48% contre 45% avec une marge d’erreur de 2,9 points). En prenant en compte cette marge d’erreur, les deux prétendants se trouvent virtuellement à égalité. Il s’agit donc d’une mauvaise nouvelle pour le camp démocrate qui se doit de réagir.
En effet, si de nombreux médias estiment que l’élection est jouée d’avance, il est préférable d’adopter une position beaucoup plus prudente quant à l’issue de l’élection. Il reste en réalité 16 jours avant l’élection présidentielle américaine. Cette période, bien que relativement courte, est largement suffisante à John McCain pour parfaire son retard et adopter une stratégie beaucoup plus offensive à l’égard de son adversaire démocrate. Comme on pu le constater les nombreuses personnes que nous avons eu l’occasion d’interroger, le scrutin du 4 novembre est loin d’être joué et tout peut encore basculer jusqu’à la dernière minute.

Barack Obama obtient le soutien de la grande majorité des titres de presse

A 16 jours du scrutin, Barack Obama peut désormais compter sur le soutien d’une cinquantaine de journaux et de magazines américains. Pour le moment, son adversaire républicain n’a réussit à en convaincre que 16 d’entre eux.
En cette fin de semaine plusieurs grands quotidiens nationaux et régionaux se sont ajoutés à la liste en faveur du candidat démocrate. Si le soutien de certains d’entre eux, tels que le San Francisco Chronicle ou le Los Angeles Times, était largement prévisible ; la surprise est venue du Chicago Tribune. C’est en effet la première fois depuis 1847, que le quotidien soutien un candidat démocrate pour une élection présidentielle.
Le Washington Post a également annoncé son soutien officiel au sénateur de l’Illinois. Dans un éditorial, le Post emploie des mots très durs pour qualifier la colistière de John McCain : « notre choix a été facilité en partie par la campagne décevante menée par le camp républicain, et avant toute chose par son choix irresponsable d’un colistier qui n’est pas prêt pour devenir Président ».

Barack Obama réunit plus de 100 000 personnes lors de son meeting du Missouri

Barack Obama vient de battre un nouveau record dans sa propre campagne : celui de son plus grand meeting organisé à l’intérieur des Etats-Unis. Selon les estimations des autorités, plus de 100 000 personnes s’étaient réunies ce samedi pour l’occasion, à proximité de la Gateway Arch de St Louis (Missouri). Devant une telle foule, le candidat démocrate n’a pu dissimuler sa satisfaction et a déclaré : « quel spectacle magnifique, tout ce que je peux dire ce n’est que waow ! ».
Il est utile de préciser que le plus gros meeting de sa campagne reste celui organisé à Berlin (Allemagne) devant plus de 200 000 personnes.

Voici un extrait de son discours :

vendredi 17 octobre 2008

Obama et McCain observent une trêve humoristique

Durant une soirée, Barack Obama et John McCain étaient réunis à l’occasion du traditionnel diner caritatif Alfred E. Smith. Cet évènement leur aura permis de décompresser en échangeant quelques blagues et en faisant preuve d’une bonne dose d’autodérision. Première constatation : Joe le plombier a une nouvelle fois été cité par John McCain… Interrogé par la plupart des grands networks le lendemain du débat, il est devenu en l’espace de quelques heures l’homme le plus connu des Etats-Unis !
Seconde constatation : les deux prétendants à la Maison Blanche savent mettre de côté leurs querelles de campagne lorsqu’il s’agit de soutenir de grandes causes (en l’occurrence les œuvres de l’église catholique américaine).
Voici un extrait de leurs échanges :

John McCain a notamment annoncé avec humour qu’il allait licencier tous ces conseillers politiques et les remplacer par Joe le plombier. De son côté Barack Obama a tenu à préciser que celui qui lui a donné son deuxième prénom « Hussein » ne pensait pas qu’il se présenterait un jour à une élection présidentielle américaine !
Tout en se respectant, les deux hommes se sont rendus hommage mutuellement lors de cette soirée. Les candidats à l’élection présidentielle y participent tous les 4 ans.

L’agenda de la campagne présidentielle américaine en France

Alors que la campagne présidentielle américaine rentre dans sa dernière ligne droite voici quelques évènements à ne pas manquer pour nos lecteurs français :
- Jusqu’au 3 novembre le réseau des magasins Fnac organise une série de forums et de rencontres autour du thème « Elections américaines : l’heure du choix ». La plupart des débats auront lieu à Paris mais certaines rencontres se dérouleront en province à Montpellier, Aix en Provence, Strasbourg, Marseille, Lille et Lyon. Vous pouvez retrouver l’intégralité de la programmation de la Fnac sur leur site.

A titre d’exemple voici quelques uns des thèmes de leurs principaux débats :
- « La politique étrangère des Etats-Unis va-t-elle évoluer ? » en présence de Dominique Moisi, Yannick Mireur et Bernard Guetta. Ce débat est organisé en partenariat avec France Info et la revue XXI, le 24 octobre à 17h30 à la Fnac Saint-Lazare.
- « Le Président est … Etats-Unis : ruptures et continuités » en présence de Christian Salmon, Eric Dupin et Romain Huret. Le débat se déroulera le 5 novembre à 17h30 à la Fnac Montparnasse.
- Jusqu’au 17 novembre 2008, la Dorothy’s Gallery (Paris) organise une exposition d’œuvres en relation avec Barack Obama. L’évènement est organisé en partenariat avec les Democrats Abroad, Charlie Hebdo et le Comité français de soutien à Barack Obama. Durant plus d’un mois, l’exposition sera rythmée par des soirées évènementielles en relation avec la campagne américaine. Pour plus d’informations sur l’exposition et les soirées organisées, rendez-vous sur le site de la Dorothy’s Gallery.
- Soirée du 3 novembre pour Obama, organisée par le Comité français de soutien à Barack Obama : cocktail et buffet dinatoire gratuits au Restaurant Findi, en face de la Cathédrale américaine, 26 avenue George V, Paris VIIIème arrondissement. Invités : Zachary James Miller, François Durpaire, Samuel Solvit, Mohammed Dia, Anh Dao Traxel Chirac… Plus d’informations ici.
A l’heure actuelle, cinq évènements ont été programmés pour la nuit de l’élection du 4 novembre :
- La soirée Officielle des Elections Américaines au Cinéaqua Paris, organisée par les partis démocrate et républicain résidant en France, sous l’égide de l’Ambassade des Etats-Unis : buffet, animations musicales, retransmission des différentes télévisions américaines… Pour plus de renseignements sur la soirée, c’est ici.
- La Nuit Américaine de la Mairie du IIIème arrondissement de Paris, qui proposera deux conférences consacrées à la « situation politique et sociale actuelle aux Etats-Unis » et aux « enjeux de scrutin », suivie d’un débat et de la retransmission des résultats en direct. Des interludes cinématographiques entrecouperont les échanges. Pour plus d’informations, cliquez ici.
- La soirée des Young Democrats et Republicans Abroad organisée dans la boite nuit parisienne le Palais M. (Entrée 10 Euros).
- La nuit des élections américaines à Lyon : la manifestation se déroulera à partir de 21h dans les salons de l’hôtel Hilton, 70 quai Charles De Gaulle, Lyon 6ème arrondissement. L’American club de Lyon, l’Association France-USA et le Comité Centre-Est de la Chambre de Commerce Américaine en France se sont associés pour organiser cet évènement sous l’égide du Consulat des Etats-Unis. De nombreuses animations ponctueront la soirée : visioconférence, vote virtuel, jeux… Réservation obligatoire en imprimant et remplissant le bon d’inscription et en le renvoyant avant le 22 octobre.
- La nuit américaine organisée par le Centre d'Etudes Nord-Américaines, l'Ecole des hautes études en sciences sociales et le German Marshall Fund qui débutera à partir de 22h à l'Amphithéâtre de l'Ecole des hautes études en sciences sociales (105 Boulevard Raspail 75006 Paris). L'Ecole organisera un débat en compagnie d'étudiants, d'universitaires et de simples citoyens avec la particpation de nombreux invités. Pour y participer, l'inscription est obligatoire en envoyant un mail à Anne Luciani (anne.luciani@ehess.fr).
Pour nos lecteurs français et étrangers, sachez que plusieurs chaines de télévision organisent jusqu’au 4 novembre prochain, une programmation spéciale en relation avec l’élection présidentielle américaine. Certaines de ces chaines sont disponibles dans le monde entier, d’autres uniquement dans certains pays :
- France 24 : la chaine francophone d’information diffuse tous les jours et jusqu’au 4 novembre, l’émission Maison Blanche 2008. Ce programme revient tous les matins à partir de 7h15 (GMT+2) sur les derniers évènements en relation avec l’actualité de la campagne présidentielle américaine. Vous pouvez revoir les émissions précédentes en vous rendant sur le site de France 24.
- Arte : la chaine franco-allemande programme sur son site internet du 6 septembre au 8 novembre, sa série web « chroniques de New York » qui dresse chaque semaine le portrait d’un New Yorkais loin des clichés habituels… Plus d’infos sur le site de la chaine.
Tout au long du mois d’octobre, Arte propose également une série de documentaires en relation avec la campagne présidentielle américaine, notamment dans son émission « Thema ».
- TCM : durant tout le mois d’octobre, la chaine TCM diffuse en clair, une programmation spéciale autour de la représentation du Président américain au cinéma. La chaine a pour cela sélectionné 10 films emblématiques et engagés qui mettent en scène le Président des Etats-Unis. Regard sur les Etats-Unis vous recommande particulièrement le documentaire produit par la chaine « Les films du Président ». Ayant eu l’occasion de le visionner dans les locaux de la chaine, Regard sur les Etats-Unis a particulièrement apprécié le travail de recherche effectué par le réalisateur Charles Antoine de Rouvre, qui tout en sélectionnant certains passages de films illustrant les différentes représentations du Président américain, a tenu à interroger plusieurs intervenants de qualité sur le sujet : Yves Boisset, Michel Chandelier, Marielle de Sarnez, Alain Corneau, Emmanuel Voguet, Edouard Baer, Jean Paul Huchon, Craig Robert Stapleton, Philippe Torreton, Françoise de Panafieu, Hala Gorani et Lionel Delplanque.
A la fois instructif et distrayant, ce documentaire donne des clés pour mieux comprendre comment cette figure s’est imposée naturellement et quelles ont été les conséquences de sa représentation sur l’image de la démocratie américaine au-delà de ses frontières. Celui-ci sera rediffusé plusieurs fois dans le mois.
Pour plus d’infos, rendez-vous sur le site de la chaine.
- Canal+ : la chaine cryptée propose une programmation spéciale en relation avec la campagne présidentielle américaine. Vous pouvez notamment retrouver les excellentes analyses de leur correspondante, Laurence Haïm, sur son blog.
- BFM : retrouvez l’émission « USA Hebdo » de Thomas Misrachi, chaque samedi de 7h à 8h et le dimanche de 14h à 15h. Son émission est également disponible en podcast ainsi qu’en libre écoute sur le site de la radio BFM.
- BFMTV : retrouvez les analyses de Thierry Arnaud tous les soirs à partir de 21h sur BFMTV. La chaine est disponible gratuitement sur internet.
- Public Sénat : la chaine d’information politique française propose une soirée spéciale Etats-Unis, le samedi 1er novembre de 21h à minuit, avec 4 émissions et documentaires tournés sur place pour mieux comprendre les attentes et les perceptions de citoyens américains et expliquer les enjeux de l’élection. Au programme à 21h Bibliothèque Médicis Spécial : « Etats-Unis : entre rêve et cauchemar » ; à 22h « L’Ohio à l’heure du choix » ; à 22h30 « En direct des Etats-Unis » ; 23h « Obama/McCain : duel d’images ».
Et la nuit du 4 novembre au 5 novembre, Public Sénat sera en direct avec CNN pour une émission de 5h30.
Dans le cas où vous organiseriez un évènement avant le 4 novembre, n'hésitez pas à nous contacter à l'adresse suivante : opinionsinternationales@gmail.com, de manière à figurer dans notre agenda.

jeudi 16 octobre 2008

La vidéo du grand gagnant de l’ultime débat

Le véritable gagnant du débat est certainement Joe Wurzelbacher, ce plombier de l’Ohio plusieurs fois cité par les deux candidats. Voici les images de sa « rencontre » avec Barack Obama et de son interview par la chaine Fox News. Apparemment celui-ci n’aurait pas pleinement été convaincu par les explications du candidat démocrate :

Analyse du dernier débat : un match nul qui profite à Barack Obama

Le troisième et dernier débat de la campagne présidentielle se déroulait cette nuit à l’université de Hofstra, dans la ville de Hampstead (New York).
Première constatation, largement prévisible et très attendue par ses partisans : John McCain est enfin frontalement passé à l’offensive à l’égard de son adversaire. Beaucoup plus animé et plus disputé que les précédents débats, cette rencontre a été l’occasion pour le sénateur de l’Arizona d’attaquer son adversaire sur son programme, notamment en matière de fiscalité et de critiquer ses relations avec William Ayers.

Au cours de la première partie du débat consacrée à la politique fiscale, John McCain a cherché à déstabiliser son adversaire sur le thème des hausses d’impôts. En rappelant que les classes moyennes américaines ne pouvaient pas être considérées comme des contribuables riches, le candidat républicain a tenté de mettre l’accent sur un sujet particulièrement sensible aux Etats-Unis. Pour illustrer ses propos, John McCain a pris l’exemple de Joe Wurzelbacher, plombier de l’Ohio, qui avait interpellé Barack Obama lors d’un meeting au cours duquel il avait annoncé craindre les augmentations d’impôts préconisées par le candidat démocrate, s’il venait à racheter l’entreprise dont il est pour le moment employé.

Sur ce point, le sénateur de l’Illinois a dû repréciser que les augmentations des impôts qu’il souhaite instaurer, ne concerneraient que les 5% d’Américains les plus riches (prônant ainsi une redistribution plus équitable des richesses). John McCain a rétorqué que ces propositions reviendraient à allumer une nouvelle « guerre des classes ».

Par la suite, chacun des deux prétendants a reproché à son adversaire les attaques déloyales et personnelles dont il avait fait l’objet. John McCain a notamment souligné que sa comparaison au ségrégationniste George Wallace par un élu démocrate l’avait « réellement blessé ». Ce à quoi a Barack Obama a répondu qu’il avait lui-même été personnellement attaqué dans de nombreux meetings républicains et avait été menacé de mort. Mais ce dernier n’a pas pu échapper à la question de ses relations avec William Ayers. Celui-ci était un ancien militant d’extrême gauche dans les années 60, ancien membre de l’organisation Wheather Underground, et avait participé à plusieurs attentats lors de la guerre du Vietnam. Barack Obama a précisé qu’il avait condamné les actes de M. Ayers et que celui-ci n’a jamais été impliqué dans sa campagne et ne faisait aucunement partie de ses conseillers.

De son côté, fidèle à sa stratégie, Barack Obama a cherché à assimiler le programme de John McCain à celui de George W. Bush. John McCain a rétorqué : « qu’il n’était pas le Président Bush, et que si Barack Obama souhaitait s’opposer à George W. Bush, il aurait dû le faire il y a 4 ans ». Barack Obama a précisé ses propos en affirmant que : « s’il confondait par erreur les propositions de John McCain avec celles du Président Bush, c’est parce que sur les problématiques essentielles intéressant le peuple Américain, la politique fiscale, la politique énergétique et les priorités de dépenses, celui-ci a toujours été un fervent partisan de George W. Bush ».

Bref, vous l’aurez compris, les débats ont été particulièrement intenses.

Que retenir de cette dernière confrontation ? La plupart des analystes politiques s’accordent à dire qu’il s’agissait de l’ultime chance de John McCain de revenir dans la course. Sur ce point nous resterons plus mesurés. Si ce rendez-vous était crucial pour le candidat républicain, il semble que celui-ci dispose encore de quelques jours pour parfaire son retard dans les sondages. La campagne pour la présidentielle américaine et imprévisible et peut basculer à tout moment en raison d’un évènement particulier. Mais force est de constater que la partie semble bien mal engagée pour le camp républicain.

A en croire les sondages réalisés à l’issue du débat par CBS et CNN, Barack Obama aurait remporté ce dernier débat (58% des sondés estiment que le candidat démocrate l’a remporté, contre 31% pour John McCain selon CNN). Qu’est ce qui explique ces résultats alors que le débat semblait plutôt équilibré ?

Tout d’abord, il faut reconnaitre que John McCain s’en est largement mieux sorti que lors des deux derniers débats. Beaucoup plus incisif, le sénateur de l’Arizona a réussi à « placer » quelques belles répliques à l’égard de son adversaire. Cherchant à prendre l’exemple de « Joe le plombier », il a concrètement voulu expliquer les conséquences de l’application du programme de son adversaire à l’égard de la classe moyenne américaine. Sur ce point, John McCain a certainement marqué des points.

Mais lors de ce dernier débat télévisé, le fond avait certainement moins d’importance que la forme. Visiblement agacé par la neutralité de son adversaire, John McCain n’est pas réellement parvenu à déstabiliser son adversaire et a eu du mal à dissimuler son énervement. De son côté, Barack Obama a conforté son image de présidentiable en montrant sa capacité à garder son calme malgré des attaques virulentes de la part de son adversaire. Il s’agissait en effet de leur dernier débat avant le scrutin du 4 novembre prochain.

Reste à savoir si John McCain va enfin parvenir à renverser la tendance dans les prochains jours

Pour ceux d'entre vous qui n'auraient pas pu regarder ce dernier débat, voici la vidéo de l'intégralité de celui-ci :

mercredi 15 octobre 2008

Obama distance McCain dans les sondages à la veille de leur ultime face à face

C’est ce soir, à 21h (heure locale), que le dernier débat télévisé entre les deux prétendants à la Maison Blanche aura lieu. Cette rencontre se déroulera à l’Université de Hofstra de Hempstead (New York). Ce dernier face à face devrait permettre aux deux candidats de débattre de l’économie et de la politique intérieure américaine.
Distancé dans les sondages, John McCain devrait faire preuve de davantage de pugnacité et devrait chercher à déstabiliser son adversaire lors de cette ultime rencontre. Selon les proches de sa campagne, le prétendant républicain à la Maison Blanche pourrait annoncer des propositions chocs destinées à « frapper les esprits ». Alors que certains évoquent la possibilité de l’annonce d’un mandat unique de John McCain, d’autres préfèrent mettre l’accent sur les attaques personnelles à l’égard du candidat démocrate.
Quoi qu’il en soit, le sénateur de l’Arizona se doit de réagir à 20 jours du scrutin. Les derniers sondages publiés par plusieurs instituts soulignent que Barack Obama le distancerait, avec plus de 10 points d’écart. Une tendance qui pourrait s’avérer difficile à renverser sans une nouvelle dynamique de la campagne républicaine.
Un sondage publié aujourd’hui par le New York Times en collaboration avec CBS News crédite le candidat démocrate de 14 points d’avance sur son adversaire (marge d’erreur de plus ou moins 3 points). Un tel écart souligne l’incapacité du camp républicain à redresser sa campagne et à mettre en difficulté leur adversaire. La moyenne réalisée par le site Real Clear Politics de l’ensemble des sondages réalisés entre le 3 et le 13 octobre, souligne que Barack Obama l’emporterait avec plus de 8 points d’écart.
Lors de deux derniers débats, John McCain n’était pas parvenu à prendre l’ascendant sur son adversaire. Le rendez-vous de ce soir s’annonce crucial, car il touchera au thème de l’économie, sujet de préoccupation numéro 1 de l’ensemble de la population américaine.

mardi 14 octobre 2008

Voter, pour quoi faire ?

Quatre célébrités américaines (Leonardo Di Capri, Will I. Am, Tobey Maguire et Forest Whitaker) souhaitent diffuser de nombreux spots publicitaires à destination des électeurs les plus jeunes, de manière à les convaincre de l’utilité d’aller voter lors du scrutin du 4 novembre. Le résultat de leur travail vient de commencer à être diffusé sur internet. Voici le résultat (avec en prime de nombreux invités) :

Clin d’œil : Quand Homer Simpson vote pour Barack Obama…

L’élection présidentielle américaine passionne désormais les scénaristes des Simpsons. Dans cet épisode, Homer tente de voter pour Barack Obama. Hélas tout ne se passe pas comme prévu…

John McCain tiendrait-il un double discours ?

Il y a quelques jours, nous avions souligné le courage de John McCain lors d’un meeting organisé dans le Minnesota. Celui-ci avait pris la défense de Barack Obama devant ses militants républicains et avait cherché à rassurer ses électeurs. Or le lendemain de cette prise de position, le candidat républicain a semble t-il totalement dérapé en déclarant à ses supporters : « une fois que j’aurais fouetté son vous-savez-quoi lors du prochain débat ». Alors que cette déclaration aurait pu passer pour une petite pique de campagne en dehors des Etats-Unis, cette phrase de John McCain est entrain de créer une véritable polémique outre-Atlantique.
En effet, aux Etats-Unis, le fouet demeure un instrument relié à l’histoire de l’esclavage. Or ce sujet est particulièrement sensible dans le pays.
Compte tenu du contexte de cette déclaration, effectuée devant ses partisans réunis au sein de son quartier général de campagne à Arlington en Virginie, il semblerait qu’il s’agisse d’un dérapage non préparé par le candidat républicain. Le problème pour John McCain est qu’il en arrive à tenir un double discours au sein de ses mêmes déclarations, car lors de cette intervention, le sénateur de l’Arizona a tenu à rappeler qu’il veillerait à ce que ses partisans mènent « une campagne respectueuse ».
Reste à savoir si ce dernier compte faire de même.

dimanche 12 octobre 2008

Couleur de peau : avantage ou handicap pour Barack Obama ?

C’est LA question que tout le monde se pose dans cette dernière ligne droite de la campagne présidentielle américaine. La couleur de peau de Barack Obama peut-elle lui porter préjudice ou constitue-t-elle un avantage ? Cette problématique, particulièrement taboue, est d’une importance capitale alors que les derniers sondages indiquent que le candidat démocrate distance son adversaire républicain. Cette question peut également être posée de la manière suivante : existera-t-il un décalage conséquent entre les sondages ou enquêtes d’opinions réalisées avant le scrutin et les résultats réels de l’élection présidentielle ?
Pour répondre à cette question complexe, il convient de revenir quelques années en arrière. En 1982, Thomas J. Bradley, le maire Afro-américain de Los Angeles, décide de se présenter comme candidat à l’élection du poste de Gouverneur de son Etat : la Californie. Suite à sa bonne campagne électorale, M. Bradley est en tête des intentions de vote dans les derniers sondages et les médias locaux estiment que l’élection est déjà jouée et que le scrutin n’est qu’une simple formalité. Les journalistes croient tellement en une victoire du candidat démocrate que le quotidien The San Francisco Chronicle titre, dans la nuit du scrutin, sur la victoire probable de celui-ci : « Bradley : victoire en vue ». Pourtant, dès le lendemain, c’est la douche froide du côté des démocrates : Tom Bradley échoue de peu à être élu au poste de Gouverneur de Californie.
Depuis cet évènement, les analystes politiques américains parlent « d’effet Bradley » pour désigner le décalage souvent observé entre sondages électoraux et les résultats des élections lorsqu’un candidat « caucasien » est opposé à un candidat issu d’une minorité ethnique (hispanique, Afro-américaine,…). Ce cas de figure c’est en effet reproduit à plusieurs reprises. Sept années après l’affaire Bradley, le même scénario se reproduit pour l’élection au poste de Gouverneur de la Virginie avec le candidat Afro-américain Douglas Wilder (alors que les sondages réalisés avant les élections lui donnaient une avance confortable de plus de 9 points).
La liste des exemples d’une possibilité de manifestation de « l’effet Bradley » peut-être allongée : Harold Washington en 1983 pour l’élection à la mairie de Chicago, Jesse Jackson en 1988 lors de la primaire démocrate du Wisconsin, David Dinkins en 1989 pour l’élection à la mairie de New York.
Suite à ces nombreux précédents, les analystes politiques et médias du monde entier se demandent si cet effet ne se manifestera pas lors du scrutin du 4 novembre prochain. En effet, s’il on se réfère aux derniers sondages, Barack Obama et Joe Biden arrivent en tête des intentions de vote au niveau national et dans certains Etats-clés. Pourtant, les résultats d’une enquête publiée il y a quelques jours par l’Université de Sandford sont plutôt alarmants. Jugez plutôt : selon les travaux réalisés par ces universitaires, « l’effet Bradley » pourrait coûter à Barack Obama plus de 6 points le jour de l’élection. Plus inquiétant encore, l’étude et les sondages réalisés illustrent que 40% des personnes "blanches" interrogées appliquent un qualificatif négatif aux personnes d’origine Afro-américaine.
L’intégralité de ce sondage est disponible ici.
En jouant parfois sur la politique de la peur, la colistière de John McCain, Sarah Palin, essaie d’ailleurs de semer le trouble chez les électeurs Américains en expliquant que Barack Obama « copine avec des terroristes ». Ces attaques particulièrement virulentes permettent au camp républicain, sans directement attaquer la couleur de peau du candidat démocrate et de susciter des interrogations de la part de la frange la plus conservatrice de la population Américaine.
Pour autant, la couleur de peau de Barack Obama pourrait également constituer un véritable atout pour le candidat démocrate. Selon les dernières enquêtes d’opinion, près de 90% de la population d’origine Afro-américaine devrait voter en sa faveur ainsi qu’une très grande proportion des personnes issues de la minorité hispanique et des jeunes électeurs. Ces statistiques pourraient totalement contrecarrer les conséquences éventuelles d’un « effet Bradley ». En effet, selon certaines estimations, les jeunes et les personnes issues des minorités devraient se déplacer en masse lors du scrutin du 4 novembre prochain.
Une fois de plus, quoi qu’en disent les sondages et les enquêtes d’opinion, la réponse à cette question sera donnée lors du scrutin.
Devant l’importance que pourrait prendre cette question lors des prochaines semaines, nous avons décidé de solliciter votre avis sur cette question. Celle-ci fait l’objet de notre nouveau sondage (disponible comme d'habitude dans notre barre latérale).

Résultats du sondage REU : Barack Obama serait le plus à même de restaurer l’image des Etats-Unis dans le monde

Sondage réalisé entre le 1er septembre et le 12 octobre 2008 :
Question : Selon vous, quel candidat serait le plus à même de restaurer l’image des Etats-Unis dans le monde ?
Nombre de votes : 4751
Barack Obama : 88,4%
John McCain : 9,5%
Sans opinion : 2,1%
Une fois de plus, vous avez été très nombreux à vous exprimer lors de notre sondage. Le résultat de celui-ci ne laisse place à aucune contestation possible, vous estimez à une très large majorité que Barack Obama sera le candidat qui sera le plus à même de restaurer l’image des Etats-Unis dans le monde, après les deux mandats de George W. Bush. John McCain, candidat républicain à l’élection présidentielle, n’est semble-t-il pas le mieux placé pour y parvenir. Ayant à de nombreuses reprises défendues des positions contraires à celles prônées par l’Administration Bush, son rapprochement vis-à-vis de la base de l’électorat du parti républicain de ces dernières années, risque de nuire à son image de « maverick » aux yeux du reste du monde. Notre sondage illustre à sa manière cette tendance.